La loi de finances pour 2026 a modifié trois règles du Plan d'Épargne Retraite (PER) : les prélèvements sociaux sur les gains montent à 18,6 %, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles, et le report des plafonds inutilisés passe de 3 à 5 ans. L'atout central du PER, la déduction des versements du revenu imposable, est préservé.
Le dispositif reste massivement plébiscité : le PER a franchi le cap des 150 milliards d'euros d'encours fin 2025, avec 12,9 millions de titulaires, selon France Assureurs (mai 2026). Voici ce qui change concrètement pour votre épargne retraite et comment l'optimiser.
Qu'est-ce qui change exactement sur le PER en 2026 ?
La loi de finances 2026 introduit trois ajustements ciblés. Aucun ne remet en cause le principe du PER, mais chacun a un impact concret selon votre profil.
- Prélèvements sociaux à 18,6 % : sous l'effet d'une hausse de 1,4 point de la CSG sur les revenus du capital, le taux global appliqué aux gains du PER passe de 17,2 % à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026.
- Fin de la déduction après 70 ans : les versements réalisés à partir du 70e anniversaire du titulaire ne sont plus déductibles du revenu imposable.
- Report des plafonds sur 5 ans : les plafonds de déduction non utilisés peuvent désormais être reportés pendant 5 ans, contre 3 ans auparavant.
À l'inverse, l'assurance vie a été épargnée par ces mesures, ce qui renforce son intérêt relatif pour la transmission. Pour arbitrer entre les deux enveloppes, consultez notre comparatif sur le choix PER ou assurance vie.
Combien rapporte encore la déduction fiscale du PER en 2026 ?
Le mécanisme reste le plus puissant levier du PER : chaque euro versé (dans la limite du plafond) se déduit du revenu imposable. L'économie d'impôt dépend de votre tranche marginale d'imposition (TMI). Plus elle est élevée, plus le gain est important.
| TMI | Versement PER | Économie d'impôt | Effort d'épargne réel |
|---|---|---|---|
| 11 % | 5 000 € | 550 € | 4 450 € |
| 30 % | 5 000 € | 1 500 € | 3 500 € |
| 41 % | 5 000 € | 2 050 € | 2 950 € |
| 45 % | 5 000 € | 2 250 € | 2 750 € |
Pour un salarié, le plafond de déduction est égal à 10 % des revenus professionnels de l'année précédente, dans la limite de 10 % de 8 PASS. Avec un PASS 2026 fixé à 48 060 €, le plafond maximal atteint donc environ 38 448 € pour un salarié. Un plancher de déduction de 4 806 € s'applique même en l'absence de revenus.
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Simuler mon PER →Pourquoi le report des plafonds sur 5 ans est une bonne nouvelle ?
Jusqu'en 2025, un plafond de déduction non utilisé n'était reportable que sur 3 ans. À partir de 2026, cette fenêtre s'étend à 5 ans. Concrètement, vous pouvez remonter jusqu'à cinq années pour récupérer des plafonds que vous n'aviez pas consommés.
Le report des plafonds non utilisés sur 5 ans permet de lisser un effort d'épargne irrégulier et d'absorber une année à revenus exceptionnels (prime, plus-value, cession) sans perdre l'avantage fiscal cumulé.
Cette mesure profite surtout aux épargnants à revenus variables : indépendants, dirigeants, professions libérales. Elle permet d'encaisser un gros versement déductible une année où le revenu grimpe, en mobilisant les plafonds des cinq exercices précédents. Pensez à vérifier vos plafonds disponibles sur votre dernier avis d'imposition (ligne « plafond épargne retraite »).
Quel impact pour les TNS et indépendants en 2026 ?
Les travailleurs non salariés (TNS) disposent d'un plafond de déduction renforcé, calculé sur le bénéfice imposable et le PASS. Pour 2026, un TNS peut déduire un montant nettement supérieur à celui d'un salarié, avec un plafond pouvant dépasser 85 000 € selon le bénéfice.
- Plancher de déduction : 10 % du PASS, soit 4 806 € en 2026, même en cas de bénéfice faible ou nul.
- Plafond renforcé : 10 % du bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) + 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS.
- Report sur 5 ans : particulièrement utile pour absorber les années à fort bénéfice.
L'extension du report à 5 ans est donc un vrai plus pour les indépendants à revenus en dents de scie. Le PER reste l'un des rares outils permettant de réduire significativement l'impôt tout en se constituant un capital retraite. Pour aller plus loin, voyez notre guide PER pour TNS et indépendants.
Faut-il encore ouvrir un PER malgré la hausse des prélèvements ?
La hausse des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % ne s'applique qu'aux gains, pas au capital versé. Son impact reste donc modéré au regard de l'économie d'impôt obtenue à l'entrée, surtout pour les TMI à 30 %, 41 % et 45 %.
Le PER garde tout son sens si vous remplissez ces conditions :
- Vous êtes imposé à 30 % ou plus aujourd'hui ;
- Vous anticipez une TMI plus faible à la retraite (l'avantage fiscal joue alors à plein) ;
- Vous avez un horizon de placement long (le blocage jusqu'à la retraite devient un atout de discipline).
Avec 20,2 milliards d'euros de versements en 2025 (+16 % sur un an, France Assureurs), l'appétit des épargnants ne faiblit pas. Le succès du PER tient à sa logique : l'avantage fiscal aujourd'hui, la sortie en capital ou en rente demain. Détails officiels sur economie.gouv.fr.