Fiscalité & succession29 juin 2026 · 7 min de lecture

PER après 70 ans en 2026 : la déduction fiscale est-elle supprimée ?

Couple de seniors planifiant l'epargne retraite et la transmission de leur PER apres 70 ans en 2026
Réponse rapide

Oui. Depuis le 1er janvier 2026, les versements volontaires effectués sur un PER à partir de 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable (loi de finances 2026, loi n°2026-103 du 19 février 2026). Vous pouvez toujours alimenter votre plan, mais sans l'avantage fiscal à l'entrée. En cas de décès, l'abattement passe de 152 500 EUR (article 990 I, avant 70 ans) à 30 500 EUR global tous bénéficiaires confondus (article 757 B). Pour la plupart des profils, l'assurance-vie ou la donation deviennent plus avantageuses au-delà de 70 ans.

L'essentiel en 5 points
  • Depuis le 1er janvier 2026, plus aucune déduction fiscale sur les versements PER après 70 ans.
  • Les versements restent autorisés, mais ne procurent que l'effet de capitalisation.
  • Au décès : abattement de 30 500 EUR global (art. 757 B) contre 152 500 EUR par bénéficiaire avant 70 ans (art. 990 I).
  • Les plus-values générées restent exonérées de droits de succession dans le cadre du 757 B.
  • Au-delà de 70 ans, l'assurance-vie ou la donation sont souvent plus efficaces fiscalement.

C'est l'un des changements majeurs de la loi de finances 2026 pour l'épargne retraite. Jusqu'en 2025, un épargnant de 72 ans pouvait verser sur son Plan d'Épargne Retraite et déduire ce versement de son revenu imposable, dans la limite de son plafond. Ce n'est plus possible. La loi n°2026-103 du 19 février 2026 a instauré une limite d'âge inédite : à 70 ans révolus, les versements volontaires perdent leur déductibilité. Selon France Assureurs, l'encours du PER dépassait 120 milliards d'euros fin 2025, dont une part croissante détenue par des épargnants seniors qui utilisaient justement ce levier dans une logique de transmission.

Cette mesure rebat les cartes pour tous ceux qui voyaient le PER comme un outil d'optimisation successorale tardive. Voici ce qui change concrètement, comment fonctionne la fiscalité au décès, et quelles alternatives privilégier.

Qu'est-ce qui change exactement depuis 2026 ?

Avant 2026, le Plan d'Épargne Retraite ne prévoyait aucune limite d'âge pour verser ni pour déduire. Un retraité fortement imposé pouvait ouvrir un PER à 75 ans, verser, et réduire son impôt sur le revenu à hauteur de sa tranche marginale (TMI). La loi de finances 2026 met fin à cette possibilité.

Concrètement, depuis le 1er janvier 2026 :

Pour les versements effectués avant 70 ans, rien ne change : la déduction reste pleinement applicable dans la limite du plafond annuel (10 % des revenus professionnels, soit jusqu'à 37 094 EUR pour un salarié en 2026 selon les barèmes economie.gouv.fr).

Comment fonctionne la fiscalité du PER au décès ?

La fiscalité du PER en cas de décès dépend de l'âge du titulaire au moment du décès — pas de l'âge des versements. C'est une différence essentielle avec l'assurance-vie.

CritèreDécès avant 70 ansDécès après 70 ans
Article CGI applicableArticle 990 IArticle 757 B
Abattement152 500 EUR par bénéficiaire30 500 EUR global (tous bénéficiaires)
Taxation au-delà20 % puis 31,25 %Droits de succession selon le lien de parenté
Sort des plus-valuesComprises dans l'assietteExonérées de droits de succession
Conjoint / partenaire PACSExonéré (loi TEPA)Exonéré (loi TEPA)

Point souvent ignoré : au titre de l'article 757 B, seules les primes versées entrent dans l'assiette taxable après l'abattement de 30 500 EUR. Les plus-values générées par le contrat sont, elles, totalement exonérées de droits de succession. Un PER ouvert tôt et ayant beaucoup fructifié conserve donc un intérêt transmissif, même après 70 ans.

À retenir : le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de fiscalité sur le capital décès du PER, quel que soit l'âge du titulaire (loi TEPA). L'enjeu des 70 ans concerne surtout la transmission aux enfants et autres bénéficiaires.

Faut-il encore alimenter son PER après 70 ans ?

Sans déduction à l'entrée et avec un abattement réduit à 30 500 EUR au décès, le PER perd l'essentiel de son attrait fiscal pour les nouveaux versements après 70 ans. Trois situations à distinguer :

1. Vous avez déjà un PER bien alimenté

Inutile de le clôturer. Le capital déjà constitué continue de fructifier en franchise d'impôt, et les plus-values restent exonérées au décès. Vous pouvez le conserver jusqu'à la sortie (capital ou rente) ou le transmettre.

2. Vous envisagez de nouveaux versements après 70 ans

Là, l'arbitrage doit généralement basculer vers l'assurance-vie : elle conserve un abattement de 30 500 EUR au titre des primes versées après 70 ans, MAIS surtout, ses plus-values restent exonérées et la souplesse de rachat est totale — ce que le PER n'offre pas (capital bloqué jusqu'à la retraite sauf cas de déblocage).

3. Vous êtes encore avant 70 ans

C'est le moment d'optimiser. Tant que vous n'avez pas atteint 70 ans, chaque versement reste déductible à hauteur de votre TMI. Pour un contribuable en tranche à 41 %, un versement de 10 000 EUR génère jusqu'à 4 100 EUR d'économie d'impôt immédiate. Le couperet des 70 ans rend ce levier urgent.

Si vous comparez plusieurs contrats pour maximiser le rendement net de frais avant cette échéance, un comparatif PER indépendant comme MeilleurPER permet d'identifier les plans aux frais les plus bas, un critère décisif sur la durée.

PER, assurance-vie ou donation : que choisir après 70 ans ?

Le bon outil dépend de votre objectif : compléter vos revenus, ou transmettre.

ObjectifOutil recommandé après 70 ansPourquoi
Compléter ses revenusAssurance-vieRachats libres, fiscalité douce après 8 ans
Transmettre à ses enfantsDonation / assurance-vieAbattement 100 000 EUR par enfant (donation, tous les 15 ans)
Transmettre des plus-valuesPER déjà alimentéPlus-values exonérées au 757 B
Réduire l'IR (avant 70 ans)PERDéduction selon TMI — uniquement avant 70 ans désormais

Attention au cumul. L'abattement de 30 500 EUR de l'article 757 B est commun au PER et à l'assurance-vie pour les primes versées après 70 ans. Si vous alimentez les deux après 70 ans, l'abattement ne se cumule pas : il reste de 30 500 EUR au total, tous contrats et tous bénéficiaires confondus.

Pour beaucoup d'épargnants seniors, la donation de son vivant redevient l'option la plus efficace : 100 000 EUR par enfant et par parent transmissibles en franchise de droits tous les 15 ans, auxquels s'ajoutent les dons familiaux de sommes d'argent (31 865 EUR si le donateur a moins de 80 ans). Un conseil personnalisé avec un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine reste indispensable avant tout arbitrage.

Ce qu'il faut faire en pratique en 2026

Cette réforme s'inscrit dans une tendance plus large de durcissement de la fiscalité de l'épargne retraite. Elle ne supprime pas l'intérêt du PER — elle le recentre sur sa vocation première : préparer la retraite avant 70 ans, avec un avantage fiscal à l'entrée que peu de placements offrent.

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Équipe Infoper
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Questions frequentes

Les versements PER après 70 ans sont-ils encore déductibles en 2026 ?

Non. Depuis le 1er janvier 2026 (loi de finances n°2026-103 du 19 février 2026), les versements volontaires effectués à partir de 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Les versements restent autorisés mais ne procurent plus que l'effet de capitalisation.

Quel abattement s'applique au décès pour un PER alimenté après 70 ans ?

L'article 757 B du CGI s'applique : un abattement global de 30 500 EUR pour l'ensemble des bénéficiaires (et commun avec l'assurance-vie). Au-delà, les primes sont soumises aux droits de succession selon le lien de parenté. Les plus-values générées restent exonérées.

Faut-il fermer son PER après 70 ans ?

Non. Un PER déjà alimenté conserve son intérêt : le capital fructifie en franchise d'impôt et les plus-values sont exonérées de droits de succession. Il est en revanche déconseillé d'y faire de nouveaux versements volontaires après 70 ans, faute d'avantage fiscal.

Le conjoint paie-t-il des impôts sur le PER au décès ?

Non. Grâce à la loi TEPA, le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de fiscalité sur le capital décès du PER, quel que soit l'âge du titulaire au décès.

Quelle alternative au PER après 70 ans ?

L'assurance-vie (rachats libres, plus-values exonérées au décès) et la donation de son vivant (100 000 EUR par enfant tous les 15 ans) sont généralement plus avantageuses. L'arbitrage dépend de votre objectif : revenus complémentaires ou transmission.

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Sources : Légifrance (art. 757 B CGI), impots.gouv.fr (brochure IR 2026), France Assureurs, economie.gouv.fr - Mis a jour le 29 juin 2026

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