- Depuis le 1er janvier 2026, plus aucune déduction fiscale sur les versements PER après 70 ans.
- Les versements restent autorisés, mais ne procurent que l'effet de capitalisation.
- Au décès : abattement de 30 500 EUR global (art. 757 B) contre 152 500 EUR par bénéficiaire avant 70 ans (art. 990 I).
- Les plus-values générées restent exonérées de droits de succession dans le cadre du 757 B.
- Au-delà de 70 ans, l'assurance-vie ou la donation sont souvent plus efficaces fiscalement.
C'est l'un des changements majeurs de la loi de finances 2026 pour l'épargne retraite. Jusqu'en 2025, un épargnant de 72 ans pouvait verser sur son Plan d'Épargne Retraite et déduire ce versement de son revenu imposable, dans la limite de son plafond. Ce n'est plus possible. La loi n°2026-103 du 19 février 2026 a instauré une limite d'âge inédite : à 70 ans révolus, les versements volontaires perdent leur déductibilité. Selon France Assureurs, l'encours du PER dépassait 120 milliards d'euros fin 2025, dont une part croissante détenue par des épargnants seniors qui utilisaient justement ce levier dans une logique de transmission.
Cette mesure rebat les cartes pour tous ceux qui voyaient le PER comme un outil d'optimisation successorale tardive. Voici ce qui change concrètement, comment fonctionne la fiscalité au décès, et quelles alternatives privilégier.
Qu'est-ce qui change exactement depuis 2026 ?
Avant 2026, le Plan d'Épargne Retraite ne prévoyait aucune limite d'âge pour verser ni pour déduire. Un retraité fortement imposé pouvait ouvrir un PER à 75 ans, verser, et réduire son impôt sur le revenu à hauteur de sa tranche marginale (TMI). La loi de finances 2026 met fin à cette possibilité.
Concrètement, depuis le 1er janvier 2026 :
- Les versements volontaires après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu global imposable.
- La mesure s'applique au PER individuel comme au PER collectif, sans distinction.
- Les versements restent techniquement possibles : vous pouvez continuer d'alimenter votre plan, mais sans avantage à l'entrée.
- Le seul intérêt résiduel devient l'effet de capitalisation (les gains du contrat) et l'abattement successoral de 30 500 EUR.
Pour les versements effectués avant 70 ans, rien ne change : la déduction reste pleinement applicable dans la limite du plafond annuel (10 % des revenus professionnels, soit jusqu'à 37 094 EUR pour un salarié en 2026 selon les barèmes economie.gouv.fr).
Comment fonctionne la fiscalité du PER au décès ?
La fiscalité du PER en cas de décès dépend de l'âge du titulaire au moment du décès — pas de l'âge des versements. C'est une différence essentielle avec l'assurance-vie.
| Critère | Décès avant 70 ans | Décès après 70 ans |
|---|---|---|
| Article CGI applicable | Article 990 I | Article 757 B |
| Abattement | 152 500 EUR par bénéficiaire | 30 500 EUR global (tous bénéficiaires) |
| Taxation au-delà | 20 % puis 31,25 % | Droits de succession selon le lien de parenté |
| Sort des plus-values | Comprises dans l'assiette | Exonérées de droits de succession |
| Conjoint / partenaire PACS | Exonéré (loi TEPA) | Exonéré (loi TEPA) |
Point souvent ignoré : au titre de l'article 757 B, seules les primes versées entrent dans l'assiette taxable après l'abattement de 30 500 EUR. Les plus-values générées par le contrat sont, elles, totalement exonérées de droits de succession. Un PER ouvert tôt et ayant beaucoup fructifié conserve donc un intérêt transmissif, même après 70 ans.
À retenir : le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de fiscalité sur le capital décès du PER, quel que soit l'âge du titulaire (loi TEPA). L'enjeu des 70 ans concerne surtout la transmission aux enfants et autres bénéficiaires.
Faut-il encore alimenter son PER après 70 ans ?
Sans déduction à l'entrée et avec un abattement réduit à 30 500 EUR au décès, le PER perd l'essentiel de son attrait fiscal pour les nouveaux versements après 70 ans. Trois situations à distinguer :
1. Vous avez déjà un PER bien alimenté
Inutile de le clôturer. Le capital déjà constitué continue de fructifier en franchise d'impôt, et les plus-values restent exonérées au décès. Vous pouvez le conserver jusqu'à la sortie (capital ou rente) ou le transmettre.
2. Vous envisagez de nouveaux versements après 70 ans
Là, l'arbitrage doit généralement basculer vers l'assurance-vie : elle conserve un abattement de 30 500 EUR au titre des primes versées après 70 ans, MAIS surtout, ses plus-values restent exonérées et la souplesse de rachat est totale — ce que le PER n'offre pas (capital bloqué jusqu'à la retraite sauf cas de déblocage).
3. Vous êtes encore avant 70 ans
C'est le moment d'optimiser. Tant que vous n'avez pas atteint 70 ans, chaque versement reste déductible à hauteur de votre TMI. Pour un contribuable en tranche à 41 %, un versement de 10 000 EUR génère jusqu'à 4 100 EUR d'économie d'impôt immédiate. Le couperet des 70 ans rend ce levier urgent.
Si vous comparez plusieurs contrats pour maximiser le rendement net de frais avant cette échéance, un comparatif PER indépendant comme MeilleurPER permet d'identifier les plans aux frais les plus bas, un critère décisif sur la durée.
PER, assurance-vie ou donation : que choisir après 70 ans ?
Le bon outil dépend de votre objectif : compléter vos revenus, ou transmettre.
| Objectif | Outil recommandé après 70 ans | Pourquoi |
|---|---|---|
| Compléter ses revenus | Assurance-vie | Rachats libres, fiscalité douce après 8 ans |
| Transmettre à ses enfants | Donation / assurance-vie | Abattement 100 000 EUR par enfant (donation, tous les 15 ans) |
| Transmettre des plus-values | PER déjà alimenté | Plus-values exonérées au 757 B |
| Réduire l'IR (avant 70 ans) | PER | Déduction selon TMI — uniquement avant 70 ans désormais |
Attention au cumul. L'abattement de 30 500 EUR de l'article 757 B est commun au PER et à l'assurance-vie pour les primes versées après 70 ans. Si vous alimentez les deux après 70 ans, l'abattement ne se cumule pas : il reste de 30 500 EUR au total, tous contrats et tous bénéficiaires confondus.
Pour beaucoup d'épargnants seniors, la donation de son vivant redevient l'option la plus efficace : 100 000 EUR par enfant et par parent transmissibles en franchise de droits tous les 15 ans, auxquels s'ajoutent les dons familiaux de sommes d'argent (31 865 EUR si le donateur a moins de 80 ans). Un conseil personnalisé avec un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine reste indispensable avant tout arbitrage.
Ce qu'il faut faire en pratique en 2026
- Avant 70 ans : maximisez vos versements PER déductibles tant que le levier existe. Vérifiez votre plafond disponible sur votre avis d'imposition (report possible sur 3 années antérieures).
- Après 70 ans : ne fermez pas votre PER existant, mais cessez les nouveaux versements volontaires et réorientez votre épargne vers l'assurance-vie ou la donation.
- Vérifiez votre clause bénéficiaire : avec un abattement global de 30 500 EUR, la répartition entre bénéficiaires devient stratégique. Privilégiez le conjoint (exonéré) pour le PER.
- Profitez des plus-values exonérées : un PER ancien et performant garde un intérêt transmissif, même après 70 ans.
Cette réforme s'inscrit dans une tendance plus large de durcissement de la fiscalité de l'épargne retraite. Elle ne supprime pas l'intérêt du PER — elle le recentre sur sa vocation première : préparer la retraite avant 70 ans, avec un avantage fiscal à l'entrée que peu de placements offrent.