C'est l'un des effets les plus discrets, mais les plus structurants, de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 : depuis le 1er janvier 2026, les revenus du capital subissent une CSG relevée de 9,2 % à 10,6 %, portant les prélèvements sociaux globaux de 17,2 % à 18,6 %. Le PER est concerné, mais pas l'assurance vie, protégée par un amendement voté en fin de discussion budgétaire.
Le sujet n'est pas anecdotique. Le PER a franchi le cap des 150 milliards d'euros d'encours fin 2025, avec 12,9 millions de titulaires selon France Assureurs (mai 2026). Des millions d'épargnants voient donc, du jour au lendemain, la fiscalité de sortie de leur contrat évoluer. Décryptage de cette divergence à deux vitesses et de ses conséquences concrètes.
Pourquoi le PER est-il désormais taxé à 18,6 % en 2026 ?
Les prélèvements sociaux ne sont pas un impôt unique, mais un empilement de contributions : CSG, CRDS et prélèvement de solidarité. Jusqu'en 2025, leur total atteignait 17,2 % sur les revenus du capital, dont 9,2 % de CSG. La LFSS 2026 a relevé la seule CSG à 10,6 %, soit un total de 18,6 %.
Cette hausse s'applique par défaut à l'ensemble des revenus du patrimoine : intérêts, dividendes, plus-values de cession, gains d'un plan d'épargne en actions (PEA) au-delà des exonérations, et gains d'un PER. Le prélèvement forfaitaire unique (PFU ou « flat tax ») grimpe mécaniquement de 30 % à 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux).
Le PER n'a bénéficié d'aucune exception. Ses plus-values sont donc taxées à 18,6 % au moment de la sortie, en capital ou en rente. Pour comprendre l'ensemble des évolutions fiscales de l'année, consultez notre décryptage des nouvelles règles fiscales du PER en 2026.
Quelle différence de prélèvements sociaux entre PER et assurance vie ?
C'est là que réside la vraie nouveauté de 2026. Un amendement à l'article 12 de la LFSS 2026 a exclu les contrats d'assurance vie et de capitalisation de la hausse de CSG. Sur ces contrats, la CSG reste fixée à 9,2 %, ce qui maintient les prélèvements sociaux à 17,2 %. Le législateur a voulu préserver le placement préféré des Français, dont l'encours dépasse 1 900 milliards d'euros.
Le résultat est un système à deux vitesses inédit : à gains identiques, le PER paie 1,4 point de prélèvements sociaux de plus que l'assurance vie.
| Critère | PER (individuel) | Assurance vie |
|---|---|---|
| Taux de CSG 2026 | 10,6 % | 9,2 % |
| Prélèvements sociaux totaux | 18,6 % | 17,2 % |
| Assiette | Gains uniquement | Gains uniquement |
| Moment du prélèvement | À la sortie | Fonds euros : chaque année ; UC : à la sortie |
| Avantage fiscal à l'entrée | Déduction des versements | Aucun |
| Écart vs assurance vie | +1,4 point | Référence |
Attention à ne pas surinterpréter ce tableau : l'écart de 1,4 point porte sur la seule composante « prélèvements sociaux ». Il ne dit rien de l'avantage fiscal à l'entrée du PER, qui reste son argument décisif. Pour une vue d'ensemble, lisez notre comparatif détaillé PER ou assurance vie en 2026.
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Le plus simple est de raisonner en euros. Les 1,4 point supplémentaire ne s'appliquent qu'à la part de gains au moment du dénouement. Voici l'impact selon le montant de plus-values accumulées.
| Plus-values à la sortie | Prélèvements à 17,2 % | Prélèvements à 18,6 % | Surcoût 2026 |
|---|---|---|---|
| 5 000 € | 860 € | 930 € | +70 € |
| 10 000 € | 1 720 € | 1 860 € | +140 € |
| 20 000 € | 3 440 € | 3 720 € | +280 € |
| 50 000 € | 8 600 € | 9 300 € | +700 € |
Le surcoût reste contenu, surtout rapporté à la durée d'un PER (souvent 15 à 30 ans). À titre de comparaison, la performance compte bien davantage : la moyenne des fonds en euros des PER assurantiels a servi 2,79 % en 2025 (FranceTransactions, janvier 2026), quand les meilleurs contrats dépassaient 4 % nets. Un écart de rendement d'un point sur 20 ans pèse infiniment plus lourd que 1,4 point de prélèvements sur les seuls gains.
L'écart de 1,4 point de prélèvements sociaux se mesure en centaines d'euros sur des gains ; l'avantage fiscal à l'entrée du PER, lui, se mesure en milliers d'euros dès la première année pour une tranche à 30 % ou plus.
Autrement dit, la hausse 2026 réduit à la marge le rendement net de sortie, sans remettre en cause l'équation d'ensemble du PER. Le vrai levier reste le choix du contrat : frais réduits, fonds euros performant et bonne allocation. Vous pouvez comparer les PER pour identifier les offres aux frais les plus compétitifs.
Quand les prélèvements sociaux sont-ils prélevés sur un PER ?
C'est un point souvent mal compris, et pourtant favorable au PER. Sur un PER assurantiel, les prélèvements sociaux ne sont retenus qu'au moment de la sortie (en capital ou en rente), et uniquement sur la fraction de gains. Pendant toute la phase d'épargne, aucun prélèvement social n'est appliqué : les gains capitalisent bruts.
C'est une différence notable avec l'assurance vie, dont le fonds en euros est ponctionné chaque année par les prélèvements sociaux, réduisant l'effet des intérêts composés. Sur ce point précis, le mode de prélèvement « en une fois, à la fin » du PER joue en sa faveur.
- PER en capital : le capital issu des versements n'est pas soumis aux prélèvements sociaux ; seuls les gains le sont, à 18,6 %.
- PER en rente : la rente relève du régime des rentes viagères à titre gratuit ou onéreux, avec des prélèvements sociaux calculés sur une fraction de la rente selon l'âge.
- Sortie anticipée (achat de résidence principale, accidents de la vie) : la fiscalité varie selon le motif ; les gains restent soumis aux prélèvements sociaux.
Pour approfondir la mécanique de taxation au dénouement, consultez notre guide sur la fiscalité du PER à la sortie. Les règles officielles sont détaillées sur service-public.fr.
Faut-il arbitrer entre PER et assurance vie à cause de cette hausse ?
Non, pas pour ce seul motif. L'écart de 1,4 point de prélèvements sociaux ne modifie pas la logique de fond : le PER et l'assurance vie répondent à des objectifs différents et restent complémentaires.
Le PER conserve son atout central : la déduction des versements du revenu imposable. Pour une tranche marginale d'imposition (TMI) à 41 %, verser 5 000 € génère 2 050 € d'économie d'impôt immédiate, sans commune mesure avec le surcoût de prélèvements sociaux à la sortie. L'assurance vie, elle, ne procure aucun avantage à l'entrée mais offre disponibilité et fiscalité successorale avantageuse.
La bonne stratégie en 2026 consiste rarement à choisir l'un contre l'autre, mais à combiner les deux enveloppes : le PER pour défiscaliser pendant la vie active, l'assurance vie pour la souplesse et la transmission. La hausse des prélèvements sociaux invite surtout à soigner deux paramètres qui pèsent bien plus lourd : les frais du contrat et le rendement des supports. Pour comparer le rendement net réel, voyez notre analyse du rendement net d'un PER individuel en 2026.