- Le barème 2026 du versement pour la retraite est fixé par la circulaire Cnav n° 2026-04 du 5 février 2026 : c'est le barème de 2013, reconduit pour la treizième année consécutive.
- Seules les tranches de revenus bougent, indexées sur le plafond annuel de la sécurité sociale 2026 (48 060 €) : moins de 36 045 €, de 36 045 à 48 060 €, plus de 48 060 €.
- Le prix d'un trimestre dépend de trois variables : l'âge, l'option (taux seul ou taux + durée) et le revenu moyen des trois dernières années. Il va de 1 055 € (20 ans, option 1, petits revenus) à 6 684 € (62 ans, option 2, revenus supérieurs au plafond).
- Différence décisive et rarement expliquée : le rachat n'est pas plafonné fiscalement, contrairement au PER dont la déduction est bornée par l'article 163 quatervicies du CGI (37 680 € pour un salarié en 2026).
- Le rachat est irréversible et perdu au décès (hors réversion), le PER reste un capital transmissible. Ce n'est pas le même produit, même si les deux réduisent l'impôt.
Combien coûte réellement un trimestre en 2026 ?
Le versement pour la retraite (VPLR) est prévu par l'article L. 351-14-1 du code de la sécurité sociale. Il permet de racheter, dans la limite de 12 trimestres sur toute une carrière, des années d'études supérieures ou des années civiles validées par moins de quatre trimestres.
La circulaire Cnav n° 2026-04 du 5 février 2026 confirme un point que peu de simulateurs affichent clairement : l'arrêté du 21 octobre 2012 fixant le barème pour 2013 demeure applicable pour les années 2014 à 2026. Autrement dit, le prix nominal d'un trimestre n'a pas bougé depuis treize ans. Seules les tranches de salaires évoluent, parce qu'elles sont exprimées en pourcentage du plafond annuel de la sécurité sociale, porté à 48 060 € au 1er janvier 2026 par l'arrêté du 22 décembre 2025.
Voici le barème réel, extrait de l'annexe de la circulaire, pour les âges qui concentrent la quasi-totalité des demandes :
| Âge en 2026 | Option 1 — taux seul (revenu < 36 045 €) | Option 1 — taux seul (revenu > 48 060 €) | Option 2 — taux + durée (revenu < 36 045 €) | Option 2 — taux + durée (revenu > 48 060 €) |
|---|---|---|---|---|
| 30 ans | 1 487 € | 1 983 € | 2 204 € | 2 938 € |
| 40 ans | 2 065 € | 2 753 € | 3 060 € | 4 080 € |
| 45 ans | 2 366 € | 3 154 € | 3 506 € | 4 674 € |
| 50 ans | 2 672 € | 3 563 € | 3 960 € | 5 279 € |
| 55 ans | 2 980 € | 3 973 € | 4 416 € | 5 888 € |
| 60 ans | 3 275 € | 4 367 € | 4 854 € | 6 472 € |
| 62 ans | 3 383 € | 4 510 € | 5 013 € | 6 684 € |
Source : annexe de la circulaire Cnav n° 2026-04 du 5 février 2026, barème applicable aux demandes déposées en 2026. Pour la tranche intermédiaire (36 045 € à 48 060 €), le barème s'exprime en pourcentage du revenu moyen : 8,52 % à 45 ans en option 1, 12,62 % en option 2.
Quelle est la vraie différence fiscale entre les deux ?
Les deux dispositifs réduisent l'impôt sur le revenu de la même façon — une déduction du revenu imposable, dont le gain dépend de votre tranche marginale d'imposition (TMI). Mais ils ne puisent pas dans la même enveloppe, et c'est le point qui change tout pour les hauts revenus.
| Critère | Rachat de trimestres (VPLR) | Versement PER |
|---|---|---|
| Base légale de la déduction | Article 83, 2° du CGI (salariés) / article 154 bis (indépendants) | Article 163 quatervicies du CGI |
| Plafond de déduction | Aucun — le montant versé est déductible en totalité | 37 680 € pour un salarié en 2026 ; jusqu'à 88 911 € pour un TNS |
| Report des plafonds inutilisés | Sans objet | 5 ans depuis la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 |
| Ce que vous achetez | Un revenu viager indexé, garanti par la Sécurité sociale | Un capital investi, dont la valeur dépend des marchés |
| Disponibilité avant la retraite | Nulle (irréversible) | Cas de déblocage anticipé, dont l'achat de la résidence principale |
| Au décès | Perdu, sauf réversion au conjoint (54 % au régime général) | Transmis aux bénéficiaires désignés |
| Fiscalité à la sortie | Pension imposable, après abattement de 10 % | Capital : impôt sur le revenu sur les versements + flat tax sur les gains |
Concrètement : si vous êtes salarié, à TMI 41 %, et que vous avez déjà saturé votre plafond PER de 37 680 €, le rachat de trimestres devient le seul véhicule qui accepte encore de l'euro déductible. C'est la situation type d'un cadre supérieur de 50-55 ans dont la capacité d'épargne dépasse le plafond de l'article 163 quatervicies.
Le calcul comparé : combien rapporte chaque euro ?
Prenons un cadre de 55 ans, revenu moyen supérieur au plafond (48 060 €), TMI 41 %, qui dispose de 3 973 € — soit exactement le prix d'un trimestre en option 1 au barème 2026.
Hypothèse A — il rachète un trimestre (option 1, taux seul).
- Coût brut : 3 973 €. Gain d'impôt à 41 % : 1 629 €. Coût net : 2 344 €.
- Ce que ça achète : la suppression d'une décote. À l'âge légal, chaque trimestre manquant coûte 1,25 % de décote sur le taux de liquidation, plafonnée à 20 trimestres. Sur une pension brute annuelle de 25 000 €, un trimestre de décote évité vaut donc de l'ordre de 310 € par an, versés à vie et revalorisés.
- Retour sur investissement du coût net : environ 7,5 ans de pension.
Hypothèse B — il verse 3 973 € sur un PER.
- Coût brut : 3 973 €. Gain d'impôt à 41 % : 1 629 €. Coût net : 2 344 € — identique.
- Ce que ça achète : 3 973 € investis. À 4 % net par an pendant 9 ans (départ à 64 ans), le capital atteint environ 5 655 €.
- À la sortie en capital, la part correspondant aux versements est réintégrée au revenu imposable, et les gains supportent le prélèvement forfaitaire unique de 30 %. Si la TMI à la retraite retombe à 30 %, l'impôt de sortie sur les 3 973 € est de 1 192 €, contre 1 629 € économisés à l'entrée : le différentiel de TMI rapporte 437 €.
Le verdict n'est pas symétrique, et il tient en une phrase : le rachat gagne quand il fait sauter une décote ou avance une date de départ, le PER gagne quand votre TMI va baisser à la retraite et que vous voulez garder le capital disponible et transmissible.
« Le montant du versement est déterminé en fonction de l'âge de l'assuré, de l'option choisie et d'une moyenne de salaire ou revenu. » — circulaire Cnav n° 2026-04 du 5 février 2026, point 1.
Si votre objectif est d'abord fiscal et non calendaire, comparez d'abord les enveloppes disponibles avant de choisir : notre méthode de calcul du plafond PER 2026 permet de savoir en cinq minutes s'il vous reste de la place. Et si vous cherchez à quel contrat confier le versement, le comparatif des PER 2026 de MeilleurPER classe les offres par frais réels plutôt que par rendement affiché.
Dans quels cas le rachat est-il clairement le meilleur choix ?
Trois situations font pencher la balance sans ambiguïté :
- Il vous manque 1 à 4 trimestres pour le taux plein et vous êtes à moins de 5 ans du départ. C'est le cas de figure le plus rentable : vous supprimez à la fois la décote et la minoration de la retraite complémentaire Agirc-Arrco, souvent oubliée dans les calculs.
- Vous avez saturé votre plafond PER et vos reports des cinq dernières années. Le rachat est alors le seul euro encore déductible.
- Vous avez fait des études longues non validées et vous êtes encore jeune : à 30 ans, un trimestre coûte 1 487 € en option 1 pour les revenus modestes, contre 3 275 € à 60 ans. Le barème étant figé en euros courants depuis 2013, l'inflation a mécaniquement fait baisser le coût réel d'un rachat précoce.
À l'inverse, le rachat est rarement pertinent si vous partirez de toute façon au taux plein par la durée d'assurance, si votre TMI est à 0 ou 11 % (le gain fiscal ne compense pas l'immobilisation), ou si votre espérance de vie est réduite par un problème de santé connu.
Peut-on faire les deux la même année ?
Oui, et c'est même la stratégie la plus efficace pour les revenus élevés, parce que les deux déductions sont indépendantes.
Un TNS de 52 ans réalisant 120 000 € de bénéfice peut, la même année :
- verser sur son PER jusqu'à 88 911 € au titre de l'article 154 bis / 163 quatervicies (10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS, calculés sur le PASS 2026 de 48 060 €) ;
- et racheter des trimestres, déductibles en sus, à 3 728 € l'unité en option 1 sur la tranche intermédiaire.
L'ordre compte : commencez par le rachat si vous visez une date de départ, par le PER si vous visez le rendement et la transmission. Pour arbitrer entre les deux logiques sur l'ensemble de votre patrimoine, l'approche par objectifs présentée sur Argent.info aide à ne pas confondre optimisation fiscale et préparation de revenu.
Enfin, rappelez-vous que la déduction du rachat s'impute sur le revenu de l'année du paiement. Un rachat échelonné sur trois ans étale l'avantage fiscal — ce qui est pénalisant si votre TMI baisse entre-temps, et favorable si elle monte.