Peut-on encore ouvrir un PER au nom d'un enfant en 2026 ?
Non. L'ouverture d'un plan d'épargne retraite individuel au nom d'une personne mineure est interdite depuis le 1er janvier 2024. La mesure figure à l'article 4 de la loi de finances pour 2024 et modifie l'article L224-28 du code monétaire et financier : le PER individuel est désormais réservé aux personnes majeures.
L'interdiction porte sur les deux volets : on ne peut ni ouvrir un nouveau PER pour un enfant, ni alimenter un PER de mineur existant. Un établissement qui accepterait encore une souscription au nom d'un mineur agirait hors du cadre légal.
Le PER individuel « ne peut être souscrit par une personne mineure » — article L224-28 du code monétaire et financier, dans sa rédaction issue de la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023.
Que deviennent les PER de mineurs déjà ouverts ?
Ils ne sont ni fermés ni transférés d'office. Le plan reste ouvert, l'épargne reste investie et continue de produire des intérêts ou des plus-values selon la grille de gestion pilotée choisie. Seule la faculté de verser est suspendue jusqu'à la majorité de l'enfant.
Concrètement, trois conséquences pour un parent qui a ouvert un PER avant 2024 :
- Les versements programmés doivent être arrêtés. Vérifiez que le prélèvement mensuel a bien été stoppé par l'établissement — c'est le point de contrôle le plus souvent oublié.
- L'antériorité fiscale est conservée. Le plan reprend une vie normale aux 18 ans du titulaire, qui devient alors seul décisionnaire.
- Les frais de gestion continuent de courir sur un encours qui n'augmente plus. Sur un plan de faible montant, les frais annuels peuvent absorber une part significative de la performance : c'est le moment de comparer les frais de votre contrat.
Si les frais de votre plan vous semblent élevés, le transfert vers un autre établissement reste possible. Les comparatifs de PER de MeilleurPER détaillent les niveaux de frais du marché, et notre guide sur le transfert de PER vers un autre établissement décrit la procédure.
Pourquoi le législateur a-t-il fermé le PER aux mineurs ?
Parce que le montage était devenu un outil d'optimisation fiscale sans rapport avec l'objet du produit. Le mécanisme était le suivant : les versements sur le PER d'un enfant rattaché au foyer fiscal étaient déductibles du revenu imposable des parents, dans la limite d'un plafond propre à l'enfant. Un foyer fortement imposé pouvait donc transformer une épargne destinée à son enfant en réduction d'impôt immédiate.
Le déséquilibre venait de la sortie : l'épargne retraite peut être débloquée par anticipation pour l'acquisition de la résidence principale. L'enfant devenu majeur pouvait ainsi récupérer les fonds pour son premier achat immobilier, très loin de l'horizon retraite qui justifiait l'avantage fiscal.
Le remplacement par le PEAC répond à une logique différente : pas de déduction à l'entrée, mais une exonération totale à la sortie, et un fléchage de l'épargne vers le financement de la transition écologique.
PEAC, assurance-vie ou donation : quelle alternative choisir ?
Quatre solutions coexistent en 2026 pour constituer un capital au nom d'un enfant. Aucune ne reproduit la déduction fiscale supprimée ; elles se différencient sur le plafond, la disponibilité et la fiscalité de sortie.
| Solution | Plafond | Blocage | Fiscalité des gains | Déduction à l'entrée |
|---|---|---|---|---|
| PEAC | 22 950 € | Jusqu'aux 18 ans et 5 ans de détention | Exonérés d'IR et de prélèvements sociaux | Non |
| Assurance-vie au nom de l'enfant | Aucun | Aucun (pacte adjoint possible) | Abattement de 4 600 € après 8 ans, puis PFU | Non |
| Livret A | 22 950 € | Aucun | Exonérés | Non |
| Donation (somme d'argent) | 100 000 € par parent / 15 ans | Aucun | Selon le support choisi | Non |
| PER mineur (supprimé) | Plafond propre à l'enfant | Jusqu'à la retraite | Imposition à la sortie | Oui, sur le revenu des parents |
Le PEAC est le seul produit à cumuler exonération d'impôt sur le revenu et exonération de prélèvements sociaux sur les gains — un régime plus favorable que celui de l'assurance-vie, dont les produits supportent 17,2 % de prélèvements sociaux. En contrepartie, son plafond est bas et son horizon contraint : il se clôture automatiquement au 30e anniversaire du titulaire.
Quelle solution rapporte le plus à la majorité de l'enfant ?
La bonne question n'est pas « quel produit rapporte le plus », mais « à quelle échéance l'argent doit-il être disponible ». Trois cas de figure structurent la décision.
- Financer les études (18-25 ans) : le PEAC coche la case, avec une gestion pilotée qui sécurise progressivement le capital à l'approche de l'échéance. L'assurance-vie ouverte tôt offre en plus l'antériorité fiscale des 8 ans.
- Financer un premier achat immobilier (25-35 ans) : l'assurance-vie ou un compte-titres sont plus adaptés, car le PEAC se clôture à 30 ans et son plafond de 22 950 € couvre rarement un apport.
- Transmettre un patrimoine : la donation avec pacte adjoint reste l'outil de référence, avec un abattement de 100 000 € par parent et par enfant renouvelable tous les 15 ans.
Pour l'épargne retraite des parents eux-mêmes, en revanche, le PER conserve tout son intérêt : c'est le seul produit dont les versements restent déductibles du revenu imposable. Le calcul du gain réel dépend de votre tranche marginale d'imposition — notre simulateur PER chiffre l'économie d'impôt, et MeilleurPER compare les contrats du marché sur les frais et les supports.
Quand rouvrir un PER pour son enfant devenu majeur ?
Dès ses 18 ans, l'enfant peut ouvrir son propre PER. Deux nuances comptent.
D'abord, la déduction n'a d'intérêt que s'il y a de l'impôt à déduire. Un étudiant non imposable n'a rien à gagner à déduire ses versements ; il a en revanche tout intérêt à opter pour la non-déduction à l'entrée, ce qui rend la part correspondante du capital exonérée d'impôt sur le revenu à la sortie.
Ensuite, tant que l'enfant majeur reste rattaché au foyer fiscal de ses parents, son plafond d'épargne retraite est utilisable par le foyer. C'est le seul reliquat de l'ancien montage, et il est parfaitement légal : le titulaire du plan doit être majeur, mais la déduction s'apprécie au niveau du foyer fiscal de rattachement.
Sur l'articulation entre épargne retraite et autres enveloppes, voir aussi notre comparatif PER ou assurance-vie et le dossier Argent.info consacré à la préparation de la retraite.